Accueil arrow Actualités arrow 2008/01/16 Déjà un mois d’incohérence…

2008/01/16 Déjà un mois d’incohérence… Version imprimable Suggérer par mail

L'INVITÉ DE 24HEURES - ERIC BONJOUR, VICE-PRÉSIDENT UDC-VAUD, DÉPUTÉ - 16 Janvier 2008 
«Tant d’opportunistes qui lancent médiatiquement des idées de droite mais en réalité votent et pensent avec la gauche»

Après un événement tel celui du 12 décembre 2007 à Berne, il m’a paru important de laisser du temps au temps, pour analyser les comportements la tête froide. Malgré le mois qui s’est écoulé, force est de constater que les images de cette triste démonstration ont gardé toute leur vigueur et toute leur inconvenance. Les parlementaires qui ont voté contre M. Blocher ne l’ont pas fait en leur âme et conscience, mais au nom d’une coalition orchestrée par quatre partis (les Verts, les socialistes, l’extrême gauche/communiste) auxquels s’est joint, hélas, le PDC et quelques radicaux-libéraux, signe d’une incohérence crasse en matière de politique de centre droite. On avait en effet jusque-là l’habitude de situer le PDC du côté de la droite, même s’il est divisé entre deux fractions, l’une à gauche, les chrétiens-sociaux, et l’autre, très conservatrice. La fraction chrétienne sociale, dont est issu le président Darbellay, a gagné, avec cette élection. Ce qui dérange, c’est bien qu’après cette manifeste dérive à gauche, les dirigeants du PDC tentent de démontrer qu’ils font toujours partie de la famille de droite, empruntant de plus certaines thèses propres à mon parti – ah! enfin… – et voulant même imiter Nicolas Sarkozy. On en rit presque.

L’aspect qui m’a le plus choqué ce 12 décembre (j’étais à Berne pour le vivre), c’est d’abord cette attitude, ces propos méprisants et haineux tenus par nombre de parlementaires «putschistes» à l’encontre d’un conseiller fédéral compétent, dont le tort est d’avoir su garder une ligne et de ne jamais y déroger. Un torrent de haine a été déversé, voyez l’attitude déplacée des coalisés lors de la proclamation du résultat. On se serait cru dans une cour d’école, ceux qui ont rossé le surdoué de la classe applaudissant leur acte. Si certains d’entre eux nous ont habitués à des débordements déplacés, il me faudra du temps pour admettre que ceux qui se réclament d’un parti qui comporte dans son sigle le «C» de chrétien s’associent à de tels agissements, signes d’une incohérence politique et morale choquante. Pour terminer, M. Ruey, vous avez raison: «la droite est libérée» (24 heures du 21 décembre 2007) – mais pas la ligne politique défendue par le centre droite vaudois. Tant d’opportunistes qui, pour gagner des voix, lancent médiatiquement de temps à autre des idées de droite mais qui en réalité votent et pensent avec la gauche. Je partage l’avis de ce brillant journaliste qu’est Pascal Décaillet qui écrivait: «En politique, il y a la gauche, il y a la droite. Le centre c’est juste une invention des tièdes et des opportunistes. La lâcheté sémantique déguisée en illusion géométrique.» (Le Nouvelliste du 20 décembre 2007).

La Suisse est au centre droite par les solutions politiques obtenues, pas par ses centristes. Rien de rassurant pour l’avenir du centre droite vaudois. J’espère me tromper. Toujours à propos du centre, il appartiendrait aussi aux dirigeants fédéraux de mon parti de renommer la lettre «C» de l’UDC, en Suisse romande, au Tessin et aux Grisons, pour rendre notre parti plus en phase avec la réalité sémantique du parti. Mais est-ce souhaité ou souhaitable? La question reste ouverte…

 
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Eric Bonjour